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Agriculture Durable

Produire des fraises bio au Burkina Faso

avec Béo-Neere Agroécologie

Une activité développée par Razack Bélemgnégré, agripreneur et co-gérant avec son père Souleymane Bélemgnégré du Centre agroécologique de Béo-Néeré.

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Farouche militant de l’agroécologie, Razack Bélemgnégré est convaincu que l’Afrique dispose de tous les potentiels pour faire pousser toutes les graines du monde.
“Certains disent qu’il n’est pas possible de produire les fraises bio au Burkina, mais c’est faux. La preuve, moi je l’ai appris de mes deux parents qui savaient déjà bien le faire et ça marche,”

Il a démontré qu’un pied de fraisier peut produire 1 kg minimum à 2 kg de fraises sur une campagne de 5 mois sur 1 Ha (10 000 m2).
Ainsi, comme on peut raisonnablement placer 40 000 plants de fraisier si on veut occuper convenablement l’espace de 1 Ha, à terme ce champ devrait pouvoir produire alors entre 45 à 76 tonnes de fraises sur l’hectare !

Agroécologiste infatigable, Razack est actuellement dans une recherche d’adaptation d’un croisement d’une variété africaine pour trouver une variété plus résistante.

Localisation

L’activité se développe Roumtenga sur une partie du site de Beo Neere Agroécologie et spécifiquement à Sondogo / Goabga, sur la route de Léo à environ 25 km au Sud de Ouaga. La culture de fraise est simple, elle est cependant exigeante en eau et un sol bien riche, de préférence un sol argileux et non sableux.

Personnel employé

La structure emploie 6 femmes et un homme en permanence. Et 25 femmes pour les récoltes. Elles sont payées à raison de 50 FCFA par kilo récolté. Cette année l’activité a été impactée par les effets perturbateurs de la Covid-19, mais 12 tonnes ont été récoltées avant la fermeture des frontières

Description de l’activité du site de Sondogo

Ce site est loué et s’étend sur 1,5 ha, il est équipé de 6 puits qui donnent de l’eau toute l’année.
En saison pluvieuse, le riz est cultivé, puis les fraises prennent le relai en saison sèche, alternance bénéfique car le riz fournit de la matière première pour le paillage des fraises. Le paillage est important pour que le fruit mûr ne pourrisse pas au contact de la terre.

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Une pépinière de stolons fonctionne hors du site (pour éviter les inondations).
Variété : “Amine”,
issue d’un croisement entre la gariguette, la charlotte et une variété locale très ancienne, réalisé par Razack. Cette variété est très bonne pour la conservation, pour le transport et la transformation en jus ou confiture.
Le repiquage se fait en octobre
pour avoir des premières récoltes pour décembre (fêtes de fin d’année).
Les récoltes se font chaque trois jours, entre 4 et 6 h du matin (avant le lever du jour) et jusque mars (plus les cueillettes sont régulières, plus la récolte est abondante) … après le mois de mars il est possible de continuer l’activité, mais seulement en protégeant les plants sous ombrière.

Principaux ravageurs de la fraise et méthodes de lutte
Limaces noires
et nématodes

Pour éliminer les limaces noires gros prédateurs qui sortent le matin ou le soir :
on utilise les coquilles d’œufs pillées que l’on met sur leurs passages ou dans leur nid;
ou bien on prend de la cendre de karité que l’on saupoudre sur la parcelle:
ou encore on écrase des coquilles d’œufs (3/4) qu’on  mélange avec un peu de cendre de bois (1/4) et on dépose autour de la planche.

Pour le cas des nématodes (ou vers ronds), enfouir des tourteaux de graines de neem dans la terre, à la 2ème année vous n’en verrez plus.

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Commercialisation

Les fraises sont conditionnées en barquette de 1 kg…Les horaires permettent l’expédition par avion. Ses clients viennent de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest notamment:
–   45% pour la Côte d’Ivoire:
–   25% pour le Burkina Faso;
–   20% pour le Niger;
–   10% pour le Mali;
–   3% pour le Togo;
–   1,5% pour le Bénin;
–   0,5% pour le Ghana.
Pour le producteur, c’est un secteur très rentable. La consommation de fraises est dans les habitudes de consommation. La demande est là, mais l’offre est faible.
Pour mieux répondre à la demande sans cesse grandissante, le jeune agripreneur envisage le renforcement de sa capacité de production à travers l’augmentation des sites cultivés et l’installation d’un système d’irrigation.

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Palier aux difficultés de méventes éventuelles

Des activités de transformation sur place sont initiées (confiture, sirop) pour créer de la valeur ajoutée et éviter les pourritures comme en ces temps de Covid19 où les frontières ont été fermées et peuvent l’être encore.

S’il y a un problème qui ralentit l’ardeur de Abdoul Razack Belemgnegré, c’est bien la méconnaissance du Burkina Faso comme étant un pays producteur de fraises.  Toute chose qui lui porte préjudice dans ses échanges commerciaux avec d’autres pays, notamment le Ghana où il a souvent vu ses produits bloqués et donc perdus, les douaniers n’ayant pas cru que des fraises pouvaient être produites au Burkina.  Il demande donc aux pouvoirs publics de les aider à la reconnaissance de leurs produits au niveau international et sous régional, mais aussi dans le transport des fraises qui est un produit périssable, afin de minimiser les pertes.

Des articles sur cette activité

–   Adoul Razack Belemgnegré:  Le producteur de fraise made in Burkina – 2017 / par bendré.bf
–   Agro-écologie : Abdoul Belemgnegre, la success story venue du Burkina Fasofévrier 2020 / par sentinellebf.com
Ce vendredi 7 février 2020, il a animé une conférence publique au cours de laquelle, il a livré les secrets de cet exploit sous le regard admirateur des participants.
–   Les fraises, l’autre culture d’avenir – Mai 2020 / par agridigital.net
On a tendance à croire que la culture des fraises ne marcherait pas en Afrique. L’expérience réussie depuis 6 ans du jeune Burkinabè, Razack Belemgnegre démontre tout le contraire.

CONTACTS et LIENS

Razack BELEMGNEGRE
Tel : (+226) 71 40 49 86   //   76 59 03 33
E-mailrbelemgnegrec@gmail.com
Souleymane BELEMGNEGRE
Tel
: (+226) 70 32 44 79   //   79 55 70 66   //   76 71 11 04
E-mail
souley_belem@yahoo.fr
Site : Beo-Neere
Page Facebook : Beo-Neere Agroécologie

Voir aussi nos articles :
–   Composts, Fertilisants bio, Microorganismes Efficaces (EM) – Recettes avec Beo-Neere Agroécologie
Infatigable agroécologiste au Burkina Faso, l’équipe de Beo-Neere Agroécologie met à disposition des paysans qu’elle forme les techniques de fertilisants bio qu’elle a expérimentées : Fumier Bokashi, Fumier recyclé et EM (Microorganismes Efficaces)
–   Beo-Neere Agroécologie
Béo-Neere Agroécologie a été créé en 2013. Sa ferme école a du déménager de Tampouy suite aux gros travaux de l’échangeur Nord de Ouagadougou, pour se développer à Rumtenga, à 4km derrière Kossodo dans la grande périphérie vers Loumbila,
Producteur bio certifié CNABio et formateur très actif en agroécologie en collaboration avec ses partenaires APAD Sanguie et AIDMR, ils s’inscrivent tous trois dans la démarche éthique de l’association Terre & Humanisme.

Mil’Ecole – Janvier 2021