Connaître le Burkina

Le Coton au Burkina Faso

Le Burkina Faso est producteur de coton depuis 1920 dans ce qui était alors la colonie de Haute-Volta. En 2005  la culture du coton constituait encore le premier produit d’exportation générant près de 60% des recettes en devises du Burkina. Il s’est fait détrôné récemment par l’or. Voir notre article « L’or au Burkina faso« . Il est encore la principale source de revenu monétaire du monde rural. Cette culture de rente fait vivre près de trois millions de personnes en milieu rural, soit près d’un quart de la population nationale. En trois ou quatre décennies une augmentation considérable de la production cotonnière a fait  du Burkina Faso le premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest avec 600 000 tonnes de coton-graine pour la campagne 2004-2005. Les revenus cotonniers représentent entre 55 et 70 % des recettes d’exportation burkinabè selon les années, contribuant pour 40 % au produit intérieur brut

Une grande partie de ces données est tirée d’une étude de Valérie HAUCHART « Le Burkina Faso, un producteur de coton face à la mondialisation et à la dépendance économique. Regard sur un Sud » (PDF)

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Les zones cotonnières au Burkina

Suite à la pression des investisseurs (Banque Mondiale (BM), Fond Monétaire International (FMI)), la SOFITEX perdra le monopole en 2004 ; ce qui a conduit à la libéralisation de la filière cotonnière. Le pays est donc subdivisé en 3 zones :

  • L’Ouest du pays exploité par la SOFITEX (contrôle 80 % de la production)
  • Le Centre du pays exploité par des entrepreneurs burkinabè sous la dénomination de FASO COTON
  • L’Est du pays exploité par DAGRIS et porte la dénomination de SOCOMA (Société Cotonnière du Gourma)
  • (En rose les zones de coton-bio)

Au cours des années 2002 à 2005, le coton burkinabé a été exporté vers les continents ci- après :

  • 62.01 % pour l’Asie du Sud-est et le Moyen-Orient
  • 17.06 % pour l’Europe
  • 13.77 % pour l’Amérique (Nord et Sud)
  •   7.16 % pour l’Afrique et l’océan indien

Les coproduits, notamment la graine, sont vendus aux huileries locales pour l’extraction d’huile et la fabrication de savon et d’aliments bétail.

 La SN CITEC est pratiquement la seule société industrielle de trituration de la graine de coton. Elle produit essentiellement de l’huile raffinée végétale à partir de la graine de coton ainsi que les coproduits, tourteaux et aliment de bétail et du savon de ménage.

Les industries textiles

Il existe deux grandes industries textiles au Burkina Faso que sont FASOTEX (Koudougou) et FILSAH (Bobo Dioulasso):

  • FASOTEX (ex FASO FANI) a été crée en 2005 à Koudougou sous forme de société anonyme au capital de 100 millions de FCFA détenu par des investisseurs privés nationaux.
    • Initialement, FASO FANI (de 1965 à 2001) était un complexe textile intégré comprenant une filature à anneaux, un tissage à navettes, une impression, une teinturerie et une station de traitement des eaux usées. FASO FANI  a été un des grands employeurs de la population de Koudougou.
    • Depuis la reprise des activités par FASOTEX, la transformation de la fibre locale n’est plus effective et seul l’atelier d’impression/teinture est fonctionnel.
  • La Filature du Sahel (FILSAH), créée en juin 1997 à Bobo Dioulasso, n’a commencé ses activités qu’en 2000. Ses objectifs sont la production de fils pour l’artisanat et de fils destinés à la grande exportation et enfin avec « le Maliwatt », une toile fabriquée à partir de déchet de coton pour envelopper les balles de coton prêt à l’exportation.
    • Mais « Crise à la FILSAH : Désamorcez-nous à temps cette bombe ! «  Article de Jean Pierre SAWADOGO publié par Africa VOICE, le 4 mars 2013 : « Voilà environ deux ans maintenant que durent les conflits de travail entre la société « Filature du Sahel »(FILSAH) et ses employés. Des conflits qui ont l’air d’être négligés mais qui, ces derniers temps, prennent la forme d’une menace sérieuse pour la paix sociale…».

Le coton OGM encore appelé coton transgénique ou Coton BT

est entré au Burkina Faso par la grande porte. En 2007 pas d’OGM en 2010, 80 % sont en OGM.  Pour améliorer la compétitivité de la filière à l’heure de la mondialisation : faire face à la baisse des cours mondiaux de 2007 et à la hausse de l’euro (auquel le franc CFA est arrimé) par rapport au dollar, le gouvernement Burkinabè a largement favorisé la généralisation des OGM.

Mais le miracle promis par Monsanto n’est pas au rendez-vous.

« ARNAQUE Monsanto et Coton OGM en Afrique au Burkina Faso »

  • Vidéo présenté sur ARTE, mise en ligne le 20 déc. 2010
  • « Comment Monsanto a profité d’un manque de renseignements des paysans Burkinabè sur les fausses promesses et l’échec total du coton OGM en Inde ».

Dix ans après son introduction au Burkina Faso, le coton OGM reste fortement contesté

« Coton OGM cherche producteur ! »

Reportage Bakary Ouattara. Image Souleymane Drabo. Diffusé par Droit Libre TV. Montage Ernest Kabore. Publiée le 20 août 2013
Risques de santé, promesses de rendements non tenues, semences de plus en plus chères etc. Les producteurs qui n’ont jamais voulu se lancer dans la culture du coton OGM sont vus comme des « résistants » et ont subi tout genre de pressions. Pourtant, même parmi les cotonculteurs qui se sont lancés dans l’aventure des OGM, beaucoup sont revenus au coton traditionnel. Droit Libre TV fait le bilan dans la région de Houndé, « capitale du coton » du Burkina Faso.

« Du laboratoire à la réalité : Nombre de cultivateurs ont cru pouvoir se passer totalement d’insecticides : travail moins pénible, intoxications réduites, plus de temps pour les cultures vivrières, cet avantage du coton OGM est plébiscité. Or il faut conserver deux aspersions de pesticides sur les six nécessaires en conventionnel — la variété Bt est inefficace contre les « piqueurs-suceurs » (pucerons, cochenilles…). Le coton OGM est aussi exigeant en engrais. Les sociétés cotonnières ont identifié une anomalie généralisée : le détournement d’au moins 30% de l’engrais « coton » vers les parcelles de maïs ». Ecrit Patrick Piro dans un article publié par Bastamag le 8 avril 2013  « Après le coton, Monsanto cherche à multiplier les OGM en Afrique de l’Ouest » (PDF)

Voir aussi. Samedi 23 mai 2015, lors de la  journée mondiale de résistance aux organismes génétiquement modifiés (OGM).  Manifestation au Burkina Faso contre les OGM de Monsanto. Un reportage de Laetitia Van Eeckhout paru dans le journal Le Monde. C’est le Collectif citoyen pour l’agroécologie, regroupant les organisations non gouvernementales et groupements agricoles, réuni depuis le 4 mars 2015 au Burkina, qui est à l’origine de cette mobilisation. Les manifestants venaient du Burkina, mais aussi du Togo, du Sénégal, du Bénin…  pays voisins qui craignent que le Burkina ne soit la terre d’entrée des OMG en Afrique de l’Ouest.

Janvier 2016, les paysans burkinabè décident d’abandonner le coton OGM
Le Burkina Faso abandonne le coton Bt transgénique
« Le Burkina Faso a décidé d’abandonner le coton Bt transgénique, ce qui pourrait fortement influencer l’avenir des cultures GM en Afrique de l’Ouest. Le pays a en effet commencé à éliminer complètement le coton transgénique, en invoquant la qualité inférieure des fibres de coton, obtenus avec ces cultivars GM. »
Les amis de la Terre, 29 janvier  2016

Le coton bio au Burkina Faso, ça existe aussi. Une 3ème voie ?

7 000 producteurs et productrices en 2004. Voir la présentation d’une étude d’Helvetas, organisation Suisse qui soutient cette agriculture. Le coton bio change la vie des producteurs (PDF). Étude d’impact sur le coton biologique et équitable au Burkina Faso : une étude de terrain de l’Université de Berne a évalué l’impact du programme sur la situation socio-économique des producteurs et productrices.
Depuis 2004,  HELVETAS Swiss Intercooperation et ses partenaires appuient un programme de promotion du coton biologique et équitable au Burkina Faso, mené par l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB). Le programme est actuellement dans sa seconde phase (2008-2011).

Une filière coton bio et équitable : La Bretagne et l’Afrique de l’Ouest s’engagent ! (PDF).  Près de 1000 tonnes de coton bio et équitable provenant du Mali et du Burkina Faso ont été récoltées en 2008 dans le cadre de ce programme triennal (2008-2010) cofinancé par la Région Bretagne et l’UEMOA. (l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine) et en lien avec HELVETAS . Voir aussi l’article de 2013 du Télégramme  :
Coton bio. La qualité africaine répond à l’exigence bretonne.     

Le 30 janvier 2020
Une usine d’égrenage de coton bio ouvre ses porte  à Koudougou
 La première usine d’égrenage du coton bio de l’Afrique de l’Ouest soulève un grand espoir pour la région. Avec un investissement de près de 4 milliards FCFA, l’usine de la Société d’égrenage du coton biologique (SECOBIO-SA) a une capacité d’égrenage de 125 tonnes par jour et créera plus de 200 emplois.
Espérons que le confinement dû au covid 19 ne vienne pas freiner son développement.
Voir
l’article de Sidwaya du 2 février 2020 :
Transformation du coton bio : une usine d’égrenage inaugurée à Koudougou     

Quelques autres pistes à propos du coton au Burkina Faso 

Août 2014 par Mil’Ecole