Éducation
Éducation au Burkina Faso – Organisation

La question de l’enseignement bilingue au Burkina Faso

et petit aperçu dans les pays d’Afrique de l’Ouest francophone

 L’enseignement bilingue au Burkina Faso est de nouveau mis à l’ordre du jour. Parti d’un programme d’alphabétisation des adultes, il gagne très lentement l’enseignement formel primaire, mais sa mise en place est loin d’être simple. Au cours des années passées, Sept (07)  langues nationales ont été utilisées dans les écoles bilingues : Mooré, Jula, Fulfuldé, Gulmacéma, Dagara, Liélé, Bissa.

En 2025, le ministre DINGARA a rappelé que la révision constitutionnelle de décembre 2023, avec l’adoption de la loi 045-2023/ALT du 30 décembre, a marqué un tournant décisif, instituant la création de la commission nationale des langues nationales et des sous-commissions régionales pour une meilleure gestion et diffusion des langues locales.
Sur le plan de l’éducation, la prise en compte des langues nationales dans l’enseignement bilingue devient un pilier fondamental, dit-il.
Voir l’article : Promotion des Langues nationales :
le MEBAPLN prend langue avec les responsables et leaders d’opinion régionaux

publié par le Ministère de L’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales le 28 janvier 2025

Deux études intéressantes

Le Programme d’éducation bilingue, Burkina Faso (PEB) /Présenté par l’UNESCO. Dernière mise à jour: 2012
Mise en œuvre supervisée depuis 1994 par l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) et le gouvernement du Burkina Faso, à travers le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA). Ce projet avait initialement été conçu pour être un programme d’alphabétisation non formelle pour les adultes et de développement rural pour les petits fermiers. Mais le succès du programme d’alphabétisation des adultes a convaincu les responsables gouvernementaux et politiques d’adapter le programme et d’en étendre la portée afin d’en faire un programme éducatif diversifié et intergénérationnel ciblant tous les groupes d’âge à partir de trois ans. Le PEB fait actuellement le lien entre éducation formelle et non formelle. Il est mis en œuvre dans les 13 régions du pays.

Pour l’année scolaire 2005-2006, le programme disposait de 36 centres 3E fonctionnels qui s’occupaient de 2 832 enfants, dont 58,28 pour cent de filles.

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L’éducation bilingue au Burkina Faso : Une formule alternative pour une éducation de base de qualité/ par Paul Taryam ILBOUDO
Une étude très approfondie (en PDF) d’une centaine de pages (donnant des informations jusqu’en 2010.
On y trouve historique et évolution, des tableaux de résultats, d’abandon, de redoublement tant de l’enseignement classique que des écoles bilingues. La proportion des langues parlées au Burkina, l’évolution du nombre de classes, d’enfants scolarisés…
 « Certains intellectuels et lettrés en français ont manifesté de la peur et du doute surtout vis-à-vis des langues nationales et de leur capacité à servir de médiums d’enseignement et d’apprentissage efficaces. Cette attitude se transforme quelquefois en une hostilité à peine voilée face à l’introduction des langues nationales dans le système éducatif ».

Une expérience particulière
L’école primaire bilingue de KELYAM à la ferme pilote AZN de Guiè

Depuis 2006. Un apprentissage de la langue française à partir des acquis de l’alphabétisation en mooré. Elle permet à l’alphabétisé de mieux comprendre le français acquis. La langue maternelle de l’apprenant est utilisée comme médium d’enseignement
Trois manuels d’apprentissage ont été élaborés par les enseignants en 2023 et 2024 :

–   Livre de lecture Mooré (Manuel pour CP ou débutants) –  22 Leçons – 32 pages
–   Manuel de Grammaire Mooré / Moor ɡom wʋɡbo –
31 pages
–   Du Mooré au Français (Manuel pour jeunes ayant déjà acquis la lecture en mooré) – 48 leçons – 94 pages

Vous les trouverez en PDF téléchargeables dans notre site :
Des Manuels d’alphabétisation en langue Mooré

A propos d’écoles bilingues au Burkina Faso, 2 liens intéressants 

Un article de Cyr Payim Ouédraogo paru dans L’Observateur paalga du jeudi 8 mai 2003 (Archives) publié par SEDELAN (Service d’édition en langues nationales du Burkina Faso), basé à Koudougou de 2003 :
L’école bilingue au Burkina Faso : les réalités socioculturelles prises en compte

Un article du faso.net de novembre 2018 qui donne un compte rendu d’un atelier organisé par le Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), en collaboration avec l’ONG Solidar Suisse :
Education bilingue au Burkina : Les acteurs s’accordent sur la nécessité d’adopter une formule unique
 « Cet atelier visait un objectif :  élaborer une stratégie efficace de formation en faveur des enseignants et encadreurs de l’éducation bilingue en vue de disposer en permanence de personnels qualifiés…. Le secrétaire général du MENA, Pr Kalifa Traoré,… a ajouté que l’option de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif représente l’un des piliers sur lesquels repose l’avenir du Burkina Faso… »

La question des langues nationales dans l’enseignement en Afrique de l’Ouest francophone
–   Petit aperçu)   –

Partout en Afrique de l’Ouest francophone se développe l’intérêt des langues nationales à enseigner à côté du français. La formule : langue maternelle dans les petites classes pour passer progressivement au français à partir du CE2 semble privilégiée. La mise en place n’a rien de facile : organisation, documents, formation des enseignants. Le Sénégal est le pays le plus avancé dans ce domaine. 

Au Sénégal. Depuis 2016, région par région, le Sénégal introduit dans l’enseignement public l’usage des six langues nationales reconnues dans la Constitution : le diola, le malinké, le pular, le sérère, le soninké et le wolof. « Sur quatorze régions, les langues nationales seront utilisées dans douze à partir de cette rentrée en 2024 »
Ce changement est rendu possible par le travail des linguistes et grammairiens.
« Depuis les années 2000, il y a une production croissante de dictionnaires, de lexiques et de grammaires des langues nationales. Des outils indispensables pour permettre une codification et une diffusion des langues nationales dans le système scolaire », explique Mamour Dramé,
« Il y a encore des efforts à faire. Les enseignants manquent de manuels. Parfois, la désorganisation grippe le processus, lorsqu’un professeur d’une région où on utilise le pular est muté dans une région où on parle sérère », pointe M. Malick Youm. M. Beye n’esquive pas le sujet : « La production et la diffusion de manuels sont le gros défi pour le ministère. »
Voir : Au Sénégal, les nouvelles autorités font le choix de l’enseignement dans les langues nationales – 2024

La Côte d’Ivoire compte plus d’une soixantaine d’idiomes. Pour l’heure, l’enseignement bilingue utilise dix langues représentatives (Abidji, Agni, Akyé, Baoulé, Bété, Sénoufo, Malinké, Koulango, Toura et Yacouba) des quatre groupes linguistiques de la Côte d’Ivoire.
Voir : Enseignement bilingue : la Côte d’Ivoire passe de 37 à 380 écoles – 2024

Au Togo, 53 langues locales y sont parlées. Parmi toutes ces langues, on distingue l’éwé, le kabyè, le tem, le moba, le peul. Deux de ces langues sont reconnues comme langues nationales du pays depuis 1975: l’éwé, qui domine au sud du pays, et le kabyè, pratiqué surtout au nord. La promotion des langues nationales hormis le français relève surtout d’initiatives personnelles en ligne. Voir : Au Togo, le digital tente de mettre en valeur l’utilisation des langues nationales – 2023

Le Bénin a plus de 70 langues parlées.  La phase expérimentale a été mise en œuvre dans 30 écoles primaires réparties dans les 12 départements du pays, avec six langues sélectionnées : le Fon, l’Adja, le Baatonum, le Dendi, le Ditamari et le Yoruba. Ce choix tenait compte du nombre de locuteurs, de la disponibilité de ressources linguistiques (grammaires, alphabets, dictionnaires), et de la capacité des communautés locales à soutenir l’initiative
Voir : Introduction des langues nationales à l’école : le Bénin à la croisée des chemins – 2025

Au Mali, 13 langues nationales déclarées officielles par la Constitution du 22 juillet 2023 en son article 31 : soninké, bamanankan, bomu, dogosso, fulfuldé, hassanya (maure), Mamara (miniyakakan), songhoï, syenaare, (sénoufo), tămašăɣt (tamasheq), bozo, khassongué. Toutes, à l’exception du hassanya, sont instrumentées, c’est à dire qu’elles ont des règles de transcription.
Voir : Alphabétisation au Mali: Focus sur les 13 langues nationales officielles

Au Niger, indique le ministre de l’éducation Nationale, la place et l’importance des langues maternelles ne sont plus à démontrer car notre loi fondamentale les consacre comme langues nationales. Ces dernières, note-on, sont au nombre de onze (11) : l’Arabe, le Buduma, le Fulfulde, le Gurmancema, le Hausa, le Kanuri, le Sonray- zarma, le Tamajaq, le Tagdal, le Tasawaq et le Tubu.
Voir : Journée Internationale de la langue maternelle : Le Niger envisage une transformation de son système éducatif à travers les langues nationales – 2023

En Guinée. L’introduction des langues nationales et son impact néfaste sur la qualité de l’enseignement a marqué la Guinée pour des décennies.
En effet, à partir de 1966 huit langues ont été instaurées dans le système éducatif en Guinée : le français, le soussou, le peul, le malinké, le kissi, le toma, le Coniagui et le bassari pour aboutir à un bac en langue national en 1979. Sans moyen ni formations suffisantes.
Ce fut un fiasco.
Aujourd’hui, timidement, ils tentent une nouvelle ouverture.
Une ancienne ministre favorable à l’introduction des langues nationales à l’école – 2019

Et encore nos articles dans les grandes rubriques :
–   Elevage Durable
au Burkina et en Afrique de l’Ouest
–   Techniques agroécologiques et ressources agricoles au Sahel
Rubrique qui recense les articles sur des Techniques agroécologiques et ressources agricoles,  expérimentées par des centres agroécologiques du Burkina Faso et la sous-région.

Voir aussi des acteurs agroécologistes en Afrique de l’Ouest

qui présente des structures et centres de formation pratiquant l’agroécologie au Burkina et dans pays alentours.
au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Mali, au Togo, au Niger et au Sénégal 
En particulier cet article qui rassemble la présentation de plus de 80 structures actives au Burkina avec localisation, contacts et liens :
–   Des structures agroécologiques au Burkina Faso

Et nos articles récents

–   « Faso mêbo » Bâtir la patrie
–   La Brigade civique “Laabal’’ au Burkina Faso
–   Gestion des Déchets Solides au Burkina Faso
Nos articles réactualisés en 2025 :
–   L’Or au Burkina Faso
–   Le Coton au Burkina Faso

et dans notre rubrique Entreprises novatrices et réhabilitées au Burkina Faso :
   – des entreprises de transformations agroalimentaires :
Huiles,
(SN CITEC  ,  SIATOL) ; Tomates (SOBTO et SOFATO) ; Lait local (FASO KOSAM) ; Céréales (UTRACER  ,  MTA) ; Sucre (SN SOCUCO) ; Anacarde (SN ANATRANS) ; Bière (SN BRAFASO)…
– et diverses telles que :
Détergent
(FASSI Flash Action) ; Aliments bétail (FASO GUULGO) ; Coton hydrophile (SOFACO-B) ; Pneus et caoutchouc (SAP Olympic)…

La carte Google Maps

où sont localisés un certain nombre de structures agroécologiques et de développement innovant au Burkina et dans la Sous-région.
Lire la carte : Sur la carte,  choisir une icône. Vous trouverez notices avec contacts (quand nous les avons trouvés), liens, photos et parfois vidéos.

Août 2014 par Mil’Ecole – Revu en juin 2020 et en Mai 2025