Agroécologie Afrique
–  Burkina Faso  –

La ferme pilote de Goéma, un Kokopelli au Burkina Faso

The pilot farm Goéma, affiliated to the pilot farm Guiè (near Kaya)

C’est dans l’Association Tenkeega (ATG) regroupant 4 villages Goéma, Toeghin, Kamsé et Lebda du Sanmatenga que la ferme pilote de Goéma se développe avec les agriculteurs des villages alentours.
Elle est rattachée à l’ONG TERRE VERTE «Intégrer la sauvegarde de l’environnement dans l’agriculture pluviale au Sahel», tout comme les fermes pilotes de Guiè (AZN) et de Filly (AFW)
Si sa particularité est son intérêt pour les semences traditionnelles et locales, la ferme pilote de Goéma développe aussi, avec les mêmes méthodes que la ferme pilote de Guiè, des périmètres bocagers, creuse des bullis pour gérer le ruissellement parfois dévastateur des eaux de pluie.
Elle est installée sur des terres qui étaient abandonnées, devenues totalement stériles, non loin de Kaya et cherche à désenclaver cette zone isolée par de mauvaises routes et des zones inondables.

GREEN EARTH : Integrate environmental protection in rain-fed agriculture in the Sahel, Burkina Faso
GRUNE ERDE : Die Integration der Schutz der Umwelt in der Sahel-Landwirtschaft in Burkina Faso.

English, Deutsch, Nederlandse…
Go to their website. They made many articles to explain their way. You can choose your language to read. There are flags, choose and click.

Voir leur site : TERRE VERTE – GREEN EARTHGRUNE ERDE, Guiè, Filly et Goéma

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Salutation au vieux chef du village, de près de 100 ans, très ouvert à l’activité de la ferme

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A la ferme, un impluvium pour collecter l’eau de pluie

Depuis 2014, Mil’Ecole soutient son développement

Création d’un bulli (grande retenue d’eau) de 8 000 m3

Pour dompter les eaux de ruissellement, assurer la vie quotidienne (laver, se laver, faire la vaisselle…) permettre d’abreuver le bétail et surtout développer la production maraîchère.
Deux  grands bullis, l’un à Goéma l’autre à Toeghin sont prévus, les études sont déjà faites.
Celui de Goéma est en cours de réalisation 2015-2016 : sans engins mécaniques, entièrement fait à la pioche, 800 villageois rémunérés y travaillent sous la direction de l’équipe de la ferme pilote de Goéma
Voir aussi notre article : Un bulli pour Goéma (Réalisation 2015-2016) (voir notre article)  

Des périmètres bocagers

 Un grand périmètre bocager, appelé Neerwaya (« la beauté est venue » en langue mooré) de 130 ha pour 26 familles d’agriculteurs, réalisé depuis 2010, est en activité. Le pâturage rationnel y est développé. Cela illustre clairement que l’agriculture, l’élevage et la préservation de l’environnement sont parfaitement compatibles.
En projet pendant 3 ans (2014-2017), le périmètre bocager de 100 ha à Toeghin pour 36 familles a été réalisé en 2017. En 2018 ce fut la réalisation du périmètre bocager de Kamsé. Voir en PDF Le Rapport annuel de Goéma 2018
Lors de ses  visites l’association Mil’Ecole peut s’entretenir avec les agriculteurs des périmètres bocagers. Mahamadi Sorgho, le directeur de la ferme, prend alors le rôle d’interprète
Voir aussi notre présentation sous forme de diaporama commenté : Le périmètre bocager en diaporama,

Mahamadi SORGHO est étonnant et fascinant : il vit calme, confiant, tout en étant hautement conscient de l’urgence des besoins vitaux des paysans de son entourage. Parmi eux, avec eux, il mène sa recherche et développe une agriculture d’avenir au rythme lent des soutiens financiers que lui apportent les associations.

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Entretien de Mil’Ecole avec les paysans

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Creusement d’un banka dans un champ du périmètre de Kamsé

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Un paysan si fier de la production de mil de son champ

Les agriculteurs propriétaires d’un champ dans le périmètre bocager de Neerwaya ont évoqué leur contentement
– d’avoir une même production dans un espace plus restreint.
Ils ont aussi dit
– que le compost leur évitait l’achat d’engrais, et préserve l’environnement
– que le périmètre leur permet de développer une plus grande variété de production
– et aussi qu’à l’approche des récoltes, ils ne sont plus obligés de dormir dans leur champ pour éloigner le bétail errant, avec tous les risques de serpents qui s’y rattachent.
Sur les questions du foncier, il s’est avéré que les villages sont plus familiaux que dans d’autres régions du Burkina donc ce problème est moindre et que des zones sacrées sont respectées. Quand elles se situent dans le périmètre, cette zone reste protégée et devient une réserve naturelle.

Différents essais de composts

La ferme fait aussi des recherches et des essais sur différentes compositions agro-écologiques de composts, qui tout comme les semences, sont testées avant d’être diffusées.
– Compost qui se fait sur 2 années dans des fosses pour permettre à la pluie d’une saison  de bien le décomposer.
– Compost anaérobic en 8 semaine en les retournant chaque 15 jours, voir notre article :  Faire du compost au Sahel en 8 semaines (How to make compost in the Sahel in 8 weeks without chemical inputs)
– Compost à base de jacinthe d’eau

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Compost dans une fosse

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Compost anaérobic

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Jacinthes d’eau pour compost

Une pépinière malgré le manque d’eau

Bien que confrontées à des problèmes de disponibilité en eau pour l’arrosage des plants par manque de forage positif, les pépiniéristes développent chaque année plus de 4 000 plans. L’eau pour l’arrosage des plants provient de la mare aux caïmans à 2 km.
Et une technique de plantation pour assurer la survie du jeune arbre durant la période de la saison sèche.  Voir notre article : Le puits racinaire (A way to ensure the survival of a new planted tree in the Sahel)

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Réalisée en saison sèche, les 20 000 plans seront plantés à la saison des pluies

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Une pépinière a besoin de beaucoup d’eau.

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Planter un arbre sur sol latéritique et assurer sa croissance sans arrosage pendant les 8 mois de saison sèche.
Le Puits racinaire

Une recherche des semences locales

 La ferme contribue à la sauvegarde des essences devenues rares. Une recherche de semences traditionnelles qui fait penser aux travaux réalisés en France et en Europe par l’association Kokopelli, en opposition à la confiscation des semences par les grands groupes agro-industriels
Elle teste sur 4 à 5 ans le comportement de la plante avant d’en proposer les semences, et ce dans un cadre agroécologique.
Actuellement 4 types de semences traditionnelles de niébé (haricots) et  3 types d’arachides sont développés dans les champs d’essai
Mahamadi nous parlait aussi de variétés de mil.
Dans leur jardin d’essai : 3 variétés de piment et 1 variété traditionnelle d’aubergine
Cette activité est d’autant plus importante qu’actuellement le maraîchage développé au Burkina se fait essentiellement à partir de semences achetées avec tous les intrants (fongicides, herbicides, insecticides et engrais chimiques) qui vont avec.

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Visite du jardin d’essai

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Variétés de piments

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Variétés d’aubergines locales

L’agrandissement de la mare aux caïmans de Goéma

Réalisée en 2012, cette mare est utilisée pour tous les chantiers du village, pour abreuver les animaux et pour certains besoins quotidiens. Voir en PDF Le Rapport annuel de Goéma 2012

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Un collège d’enseignement général  (en cours)

Déjà une classe opérationnelle et une 2de classe en cours de construction, soutenue par l’ONG Mission Enfancebasée à Monaco, qui a déjà financé le collège de Guiè. Elle s’occupe aussi de parrainages (voir notre article).
Ce futur collège sera l’unique collège public pour une quinzaine de villages environnants. En effet dans tous ces villages, les élèves désirant aller en 6ème après le CEP doivent se déplacer à plus de 20 km là où se trouve le collège le plus proche.

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Début novembre 2014, l’état des travaux

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Début décembre 2014, la classe de 6ème a démaré

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En 2019, toutes les salles sont en activité
Bureau administratif, bibliothèque, logements de professeurs
et un forage positif !

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Tout ceci n’est qu’un aperçu de leurs activités.

Pour suivre tous les travaux très détaillés et illustrés de la ferme, ils ont un site où l’on peut retrouver tous les rapports annuels et trimestriels où leurs activités sont si bien décrites ! Ll’Association Tenkeega de Goéma (ATG), la ferme pilote de Goéma

  • Contact :
  • Comme à Guiè, ils reçoivent à la ferme entre 7 h le matin et 15 h l’après midi sauf le week end.
  • On peut y rester dormir. Il faut voir avec eux.
  • Le samedi, exceptionnellement sur demande.
  • D’une manière générale prévenir par mail, tel ou SMS.

Attention ! Située à 7km de Konean, la piste est difficile en période de pluie. Vous pouvez aussi demander à la ferme de venir vous guider, ou vous chercher, à partir de Konean, encore sur le goudron, situé juste après Kaya, en direction de Dori.

Mil’Ecole – Décembre 2014