Le Coton au Burkina Faso
Le Burkina Faso est producteur de coton depuis 1920 dans ce qui était alors la colonie de Haute-Volta.
Pour mieux connaître le coton, voir le grand article du CIRAD :
Le Coton : la Plante, son Histoire, sa Culture et ses Transformations
Le cotonnier, l’or blanc des Amériques – Le cotonnier est cultivé sur tous les continents – Du semis à la récolte – La récolte du coton – Les ennemis du cotonnier – Des insecticides à la lutte intégrée – Du coton brut, au fil, puis au tissu – Des graines aux usages multiples.
En 2005 la culture du coton au Burkina Faso constituait encore le premier produit d’exportation. Il s’est fait détrôner récemment par l’or. Voir notre article “L’or au Burkina faso“.
En 2023 le secteur du coton revêt encore une importance économique et sociale majeure au Burkina Faso puisqu’environ 4 millions de personnes tirent directement leur revenu des activités cotonnières et plusieurs autres secteurs économiques situés en amont et en aval en dépendent.
Il contribue à plus de 4% au PIB National et à environ 14% des Recettes d’exportation du pays sur ces dernières années.
Les exportations de fibres représentent 97 % des fibres produites. Elles se font par les ports d’Abidjan, de Lomé et de Cotonou. La destination est l’Asie à plus de 90 %, le marché intérieur de la fibre de coton est embryonnaire. A peine 3% de la production, environ 10 000 tonnes, fait l’objet de filature industrielle par an notamment par la Filature du Sahel (FILSAH) et les autres artisans de filature.
Les producteurs
Au titre de la campagne.2023/2024, elle est pratiquée par :
– 162 197 exploitations cotonnières familiales,
– 283 845 producteurs de coton, regroupés au sein de plus 7393 Sociétés Coopératives Simplifiées de Producteurs de Coton (SCOOPS-PC),
La superficie totale moyenne par exploitation dans les zones cotonnières est d’environ 7 ha avec une part moyenne de 3 ha consacrée à la culture du coton. Les exploitations cotonnières sont en général de petites tailles et sont gérées par des exploitants peu alphabétisés avec un niveau d’équipement et de mécanisation très faible.
Les Trois zones d’intervention des sociétés cotonnières au Burkina Faso
Suite à la pression des investisseurs (Banque Mondiale (BM), Fond Monétaire International (FMI), la SOFITEX a perdu le monopole en 2004 ; ce qui a conduit à la libéralisation de la filière cotonnière. Le pays est donc subdivisé en 3 zones :
– La SOFITEX à l’ouest du pays (contrôle 80 % de la production)
– Le FASO COTON au Centre
– La SOCOMA (Société Cotonnière du Gourma) à L’Est du pays
Une grande partie de ces données est tirée d’un rapport du Ministère Industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises : 81ème Assemblée Plénière du Comité Consultatif International du Coton (CCIC) Rapport du Burkina Faso Mumbai, du 02 au 05 Décembre 2023
La production 2024-2025
Pour le coton conventionnel, 346 778 ha ont été emblavés, soit une baisse de 25% par rapport à la campagne écoulée. Les résultats provisoires de la production de coton graine issus des pesées au 1er avril 2025 sont évalués à 283 622 tonnes, soit une baisse de 27%.
Pour le coton biologique, 2 750 ha ont été emblavés, soit une hausse de 14% par rapport à la campagne écoulée. La production de coton graine est évaluée à 1 164 tonnes, soit une hausse de 20%.
Les contreperformances de la campagne cotonnière 2024-2025 sont principalement liées à la situation sécuritaire dans les zones de production et à la mauvaise répartition de la pluviométrie
Voir l’article de l’Economiste du Faso d’avril 2025 : Production cotonnière : une baisse constante
L’égrenage du coton graine est assuré par les trois (03) sociétés cotonnières qui disposent de 22 usines d’égrenage. En amont de l’égrenage, elles accompagnent les cotonculteurs à travers des appuis conseils agricoles et l’équipement des exploitations cotonnières.
Après la récolte, le coton graine est acheminé en camion jusqu’à l’usine d’égrenage.
Il est nettoyé par des machines qui le débarrassent des impuretés de grande taille (feuilles, tiges, capsules).
Ensuite, il est égrené, c’est-à-dire que la fibre est séparée de la graine. La fibre est nettoyée par des machines qui éliminent les impuretés de petite taille. En fin de chaîne, les fibres de coton sont propres.
Elles sont tassées et compressées pour former des balles de 225 kilos.
Les usines modernes produisent une balle par minute, soit plus de mille balles par jour !
et une usine de délintage du coton
pour le traitement des semences du cotonnier, méthodes d’amélioration du taux de germination des semences et de protection précoce des plants contre les ravageurs et maladies de la culture).
Les coproduits, notamment la graine, sont vendus aux huileries locales pour l’extraction d’huile et la fabrication de savon et d’aliments bétail.
La SN CITEC est pratiquement la seule société industrielle de trituration de la graine de coton. Elle produit essentiellement de l’huile raffinée végétale à partir de la graine de coton ainsi que les coproduits, tourteaux et aliment de bétail et du savon de ménage.
Les industries textiles au Burkina Faso
2 unités à la peine :
– FASOTEX (ex FASO FANI) a été créé en 2005 à Koudougou sous forme de société anonyme au capital de 100 millions de FCFA détenu par des investisseurs privés nationaux.
Initialement, FASO FANI (de 1965 à 2001) était un complexe textile intégré comprenant une filature à anneaux, un tissage à navettes, une impression, une teinturerie et une station de traitement des eaux usées. FASO FANI a été un des grands employeurs de la population de Koudougou.
Depuis la reprise des activités par FASOTEX, la transformation de la fibre locale n’est plus effective et seul l’atelier d’impression/teinture est fonctionnel.
– La SOFACO-B – Une production de coton hydrophile au Burkina Faso
En 2016 cette petite unité s’est ouverte. La seule en Afrique de l’Ouest.
Ce coton, neutre, sans chlore et hypo-allergisant a été utilisé dans les hôpitaux du pays même au Mali. En 2020 sa production mensuelle était de 90.000 unités et son chiffre d’affaires estimé à 180 millions de francs CFA. Malheureusement des démêlés avec la banque a interrompu son activité.
Heureusement l’usine a retrouvé vie grâce à l’appui de l’État. Le 17 octobre 2025 l’usine a reçu la visite du président, le capitaine Traoré.
Voir notre article : La SOFACO-B -Société de Fabrication de coton du Burkina
La Filature du Sahel (FILSAH) : un espoir pour l’avenir
Créée en juin 1997 à Bobo Dioulasso, zone industrielle sur la route de Banfora, elle n’a commencé ses activités qu’en 2000. De moins d’une tonne par an dans les années 2000, la FILSAH produit de nos jours 10 000 tonnes de fil 100% coton.
Ses objectifs étaient la production de fils pour l’artisanat et de fils destinés à la grande exportation et enfin avec “le Maliwatt”, une toile fabriquée à partir de déchet de coton pour envelopper les balles de coton prêt à l’exportation.
Jusqu’en 2023, elle était en situation de mévente : plus de 3 milliards de fil stockés
En 2024 pour protéger la filière des mesures gouvernementales sont venus renforcer la dynamique de promotion du port du vrai Faso Danfani fait à base du coton 100% burkinabé
Généralisation du port du vrai Faso Danfani
– dans les écoles le 4 sept 2024
– pour les Costumes d’audience des magistrats le 23 octobre 2024
Interdiction des importations des fils, tissages et pagnes tissés le 24 septembre 2024
La mise en œuvre de l’initiative de renforcement des capacités productives des tisseuses « Initiative 5000 métiers à tisser >»>;
Pour renforcer le travail des tisseuses artisanales du Burkina et répondre à la demande la FILSAH a aussi formé des acteurs directs de la chaine de production du fil de coton, notamment les tisseurs et tisseuses, sur les différents types de niveau de tissage. Des petites bandes, ils sont passés à des bandes de 30 centimètres (cm), 40 cm, 1 mètre (m), 2 m et plus.
Comme la visite faite à la FILSAH en 2020 par les stagiaires de la 32eme promotion de l’ISTIC (Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication), le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation veut systématiser les visites d’unités industrielles bukinabè par les étudiants
TEXFORCES-BF
Pose de la première pierre de l’usine de transformation du coton 2024
Bientôt une usine de transformation du coton burkinabè et de la confection des tenues des Forces armées nationales
En avril 2025 Le Faso.net publiait :
Recrutement TEXFORCES-BF : 83 Postes à pourvoir
Et en juillet 2025
Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF) : Les résultats des tests de recrutement
Le coton bio au Burkina Faso, ça existe aussi
7 000 producteurs et productrices en 2004.
Voir la présentation d’une étude d’Helvetas, organisation Suisse qui soutient cette agriculture :
Le coton bio change la vie des producteurs (PDF).
En 2023-2024 pour le coton biologique, 2 750 ha ont été emblavés, soit une hausse de 14% par rapport à la campagne écoulée. La production de coton graine est évaluée à 1 164 tonnes, soit une hausse de 20%.
En 2020 Une usine d’égrenage de coton bio, la SECOBIO-SA (Société d’égrenage du coton biologique) a été inauguré à Koudougou. Voir un article du Faso.net de février 2020 :
– Burkina : La plus grande usine d’égrenage de coton biologique d’Afrique de l’Ouest inaugurée à Koudougou/
Mais depuis son inauguration, l’usine n’a jamais travaillé au maximum de ses capacités qui est de 17 500 tonnes. Selon le chef de l’usine, cette année, (2022) ce sont environ 1 800 tonnes qui sont passées dans les machines de Secobio. Voir un article de Studio Yafa :
– Coton bio : Koudougou, un pionnier qui chôme
Les Rendez-vous du coton bio : 2021 et 2024
En 2021 face à la non-valorisation de ce segment de la chaîne de valeur coton qu’est la transformation, une initiative nommée « Le Rendez-vous du coton bio » a eu lieu à Bobo Dioulasso. Cette réunion a conduit à la formation de la Coalition pour la Transformation du Coton Biologique (CTCB), composée de 20 entités, organisée pour assurer la disponibilité du coton biologique pour les transformateurs locaux et régionaux, et pour promouvoir l’activité de transformation du coton biologique en Afrique. Depuis, les ventes de fil de coton biologique ont triplé par rapport à la moyenne des quatre années précédentes
Le projet rassemble un consortium d’acteurs :
ECOS – pour la communication
GEBANA – pour le marketing
NIKIN – pour le contrôle de la qualité et le design
HAELIXA – pour le marquage du fil en vue de sa traçabilité
MK2T – pour les machines textiles
FILSAH – pour la filature du fil
COTEXA – pour la production de tricots
XOOMBA – pour la teinture et la coordination
VETPROD – pour la coupe et la couture
En 2024 la 2e édition du Rendez-vous du Coton Bio : Le coton bio a le vent en poupe s’est tenue, à Ouagadougou. Au cours de cette rencontre, les acteurs de la filière étaient réunis pour célébrer le coton bio africain et sa transformation locale.
Le Burkina Faso est le seul pays dans la sous-région qui dispose de toute une filière de la transformation de coton biologique en 5 étapes : Un coton fibre certifié, une usine d’égrenage certifiée, une filature de haute qualité équipée avec les machines les plus récentes, une usine de production et un savoir-faire artisanal qui emploie des dizaines de milliers d’artisans dont la majorité sont des femmes
L’histoire du coton OGM encore appelé coton transgénique
ou Coton BT
Il est entré au Burkina Faso par la grande porte. En 2007 pas d’OGM en 2010, 80 % sont en OGM. Pour améliorer la compétitivité de la filière à l’heure de la mondialisation : faire face à la baisse des cours mondiaux de 2007 et à la hausse de l’euro (auquel le franc CFA est arrimé) par rapport au dollar, le gouvernement Burkinabè a largement favorisé la généralisation des OGM.
Mais le miracle promis par Monsanto n’est pas au rendez-vous.
“ARNAQUE Monsanto et Coton OGM en Afrique au Burkina Faso” 2010 – ARTE.
« Comment Monsanto a profité d’un manque de renseignements des paysans Burkinabè sur les fausses promesses et l’échec total du coton OGM en Inde ». On y voit les conditions de production difficiles avant et après l’introduction des OGM.
“Coton OGM cherche producteur !” 2013 Reportage Bakary Ouattara – Droit Libre TV.
Risques de santé, promesses de rendements non tenues, semences de plus en plus chères etc. Les producteurs qui n’ont jamais voulu se lancer dans la culture du coton OGM sont vus comme des “résistants” et ont subi tout genre de pressions.
Voir aussi un article de Patrick Piro publié par Bastamag en 2013 « Après le coton, Monsanto cherche à multiplier les OGM en Afrique de l’Ouest » (PDF)
En mai 2015, une grande manifestation a eu lieu au Burkina Faso lors de la journée mondiale de résistance aux organismes génétiquement modifiés (OGM). C’est le Collectif citoyen pour l’agroécologie, regroupant les organisations non gouvernementales et groupements agricoles, réuni depuis le 4 mars 2015 au Burkina, qui est à l’origine de cette mobilisation. Les manifestants venaient du Burkina, mais aussi du Togo, du Sénégal, du Bénin… pays voisins qui craignent que le Burkina ne soit la terre d’entrée des OMG en Afrique de l’Ouest). Voir :
Manifestation au Burkina Faso contre les OGM de Monsanto / Un reportage de Laetitia Van Eeckhout paru dans le journal Le Monde.
En Janvier 2016, les paysans burkinabè décident d’abandonner le coton OGM
« Le Burkina Faso a décidé d’abandonner le coton Bt transgénique, ce qui pourrait fortement influencer l’avenir des cultures GM en Afrique de l’Ouest. Le pays a en effet commencé à éliminer complètement le coton transgénique, en invoquant la qualité inférieure des fibres de coton, obtenus avec ces cultivars GM. » Voir :
Voir Le Burkina Faso abandonne le coton Bt transgénique / Un article des Amis de la Terre de 2016.
Voir nos articles récents
– « Faso mêbo » Bâtir la patrie
– La Brigade civique “Laabal’’ au Burkina Faso
– Gestion des Déchets Solides au Burkina Faso
Nos articles réactualisés en 2025 :
– L’Or au Burkina Faso
– Le Coton au Burkina Faso
et dans notre rubrique Entreprises novatrices et réhabilitées au Burkina Faso :
– des entreprises de transformations agroalimentaires :
Huiles, (SN CITEC , SIATOL) ; Tomates (SOBTO et SOFATO) ; Lait local (FASO KOSAM) ; Céréales (UTRACER , MTA) ; Sucre (SN SOCUCO) ; Anacarde (SN ANATRANS) ; Bière (SN BRAFASO)…
– et diverses telles que :
Détergent (FASSI Flash Action) ; Aliments bétail (FASO GUULGO) ; Coton hydrophile (SOFACO-B) ; Pneus et caoutchouc (SAP Olympic)…
Et sur notre site BurkinaDoc de Mil’Ecole, les rubriques :
– Elevage Durable au Burkina et en Afrique de l’Ouest
– Techniques agroécologiques et ressources agricoles au Sahel
Rubrique qui recense les articles sur des Techniques agroécologiques et ressources agricoles, expérimentées par des centres agroécologiques du Burkina Faso et la sous-région.
– Documents en langues nationales Burkina Faso :
Manuels – Contes – Petits documentaires en Moore et en Fulfulde
Et d’autres acteurs agroécologistes en Afrique de l’Ouest
Au Burkina Faso,
En particulier cet article qui rassemble la présentation de plus de 80 structures actives au Burkina avec localisation, contacts et liens :
– Des structures agroécologiques au Burkina Faso
et au Bénin, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Niger, au Sénégal et au Ghana
La carte Google Maps
où sont localisés un certain nombre de structures agroécologiques et de développement innovant au Burkina et dans la Sous-région.
Lire la carte : Sur la carte, choisir une icône. Vous trouverez notices avec contacts (quand nous les avons trouvés), liens, photos et parfois vidéos.
Août 2014 par Mil’Ecole – Revu en 2025


