Agriculture Durable

Le périmètre bocager au Sahel

Le Sahel, un contexte difficile : présence d’une véritable carapace à faible profondeur (latérite), une seule saison pluvieuse entre juin et septembre (4 mois) sous forme d’orages violents, exploitation excessive du bois, animaux errants… Une population rurale qui souffre de la faim.

Les périmètres bocagers sont des ensembles d’une bonne centaine de champs chacun

Ils permettent de restaurer les terres dégradées du Sahel et d’augmenter durablement de 100 à 200% les rendements en piégeant l’eau de pluie dans les champs (mares et diguettes) et en créant un véritable « bocage » arbustif (haies vives)

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Des paysans sur une terre dégradée se rappellent le temps où leurs pères cultivaient ce champ

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Au Sahel durant l’hivernage, les fortes pluies  non retenues  ravinent les terres arables

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Jachère paturée.
Le champ dégradé des paysans, 4 ans après sa restauration selon les méthodes de TERRE VERTE

Les périmètres bocagers sont aménagés à la demande de paysans par les fermes pilotes de Guiè, Filly, Goèma et Barga (Burkina Faso), les champs écoles du lycée Martin luther King et du collège de Sanon du réseau TERRE VERTE  

Le principe des périmètres bocagers

Garder l’eau de pluie dans les champs, favoriser son infiltration pour améliorer les cultures, pour renflouer les nappes phréatiques et enfin pour éviter l’érosion des minces couches de terres arables

Aménagement d’un périmètre bocager

Sur tout son pourtour le périmètre est : 

  • clôturé par une haie mixte :
       –  un grillage (pour empêcher l’entrée des animaux errants)
       –  enserré entre deux lignes d’arbustes locaux (cassia sibéria « kombrissaka » ou combretum micranthum « kinkeliba »), utiles à la protection du grillage tout en procurant du bois, protégeant les cultures des grands vents et favorisant l’infiltration des eaux de pluie…
  • bordé par une diguette en terre (pour garder l’eau de pluie)
  • et par une zone défrichée anti-feu de brousse longeant l’extérieur.
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Pose de la clôture (grillage)
sur tout le pourtour du périmètre

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Plantation de la haie vive
Des dizaines de milliers de plans disposés de chaque côté du grillage 

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Une haie 5 ans après sa plantation
prête à être taillée

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Clôture sans haie vive
dégradée après une forte pluie

Voir la présentation de TERRE VERTE : Aménagement bocager

ou bien notre présentation sous forme de diaporama commenté : Le périmètre bocager en diaporama,  Pdf téléchargeable

Sur quel terrain ? Qui en bénéficie ?
Chaque périmètre va de 100 ha à 150 ha clôturant plus de 100 champs pour quelques 25 à 30 familles

Le choix du terrain et la demande d’aménagement sont proposés par l’ensemble des villageois et des autorités villageoises coutumières et administratives d’un village. Les techniciens des fermes pilotes en étudient ensuite la faisabilité.
Le choix des familles bénéficiaires est proposé à l’unanimité par l’ensemble du village.
Les quelques 25 à 30 familles sont organisées en groupement et chacune y est propriétaire de 4 champs (d’un peu moins de 1 ha chacun).

Aménagement des champs à l’intérieur d’un périmètre

 Chaque champ

  • est entouré d’une double protection : une diguette en terre doublée d’une haie vive (sans grillage).
  • Au point bas du champ est aménagée une mare d’infiltration des eaux excédentaires du ruissellement.
  • Des grands arbres sont introduits dans l’axe du champ pour ne pas gêner les travaux de culture.
       –  Voir notre article : Le puits racinaire : méthode développée par TERRE VERTE pour assurer une bonne croissance d’un arbre planté au Sahel, sans arrosage en saison sèche
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Creusement d’une mare. En arrière plan on aperçoit une diguette

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A chaque pluie la mare et les diguettes retiennent l’eau de ruissellement dans le champ

Les haies vives (de pourtour des champs) et les haies mixtes (de pourtour du périmètre) servent de coupe-vent, facilitent la pénétration de l’eau grâce à leurs racines et procurent du bois pour les feux de cuisine ou/et pour fabriquer des paniers lors de la taille.

 Méthode de culture préconisée dans les champs

 1° La technique traditionnelle du zaï pour la culture des céréales :

  • Dès la 1ère pluie chaque graine est semée dans un trou que l’on a préalablement fait et rempli de compost fabriqué localement durant la saison sèche
       –  Voir notre article : Faire du compost au Sahel en 8 semaines : méthode développée par Goèma
       –  Et aussi une autre méthode présentée par TERRE VERTE : Techniques de compostage (Pdf)
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Compost déposé dans chaque trou de zaï
avant la saison des pluies

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Dès la première pluie plantation des graines de mil
au bord de chaque trou du zaï

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Le mil ou le sorgho pousse à présent
sur une terre qui était dégradée

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Les trous du zaï retiennent l’eau de pluie
au pied de chaque plante

2° Le sarclage localisé pour les cultures céréalières 

  • Le 1er sarclage ne se fait qu’au pied des plans de céréales : les herbes spontanées laissées entre les pieds freineront le ruissellement et retiennent les nutriments du sol que la pluie pourrait lessiver.
  • A la 2ème « culture » (2ème sarclage) On visera à détruire les « mauvaises » herbes laissées entre les plans de mil au premier sarclage. Laissées sur place, ces dernières fourniront alors un précieux engrais vert à la culture en pleine croissance. Parfois ces herbes deviennent abondantes et peuvent demander un peu plus de travail à être sarclées mais c’est aussi une précieuse nourriture pour le sol
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1er sarclage (« culture ») limité au pied du plan de la céréale

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Les « mauvaises » herbes laissées lors du 1er sarclage seront détruites au 2ème sarclage
et laissées sur place

Voir la présentation de TERRE VERTE : Sarclage localisé en culture céréalière au Sahel (pdf)

3° La rotation des cultures sur 4 ans nécessaire pour ne pas épuiser le sol

  • Année1-Sorgho-Mil (céréales).
  • Année 2-Arachide-Bissap-Sésame (légumineuses).
  • Année 3-Niébé-Soja (légumineuses).
  • Année 4-Jachère pâturée. (Permet en outre d’intégrer l’élevage à l’agriculture)

Elle permet en outre de fournir une alimentation équilibrée aux familles paysannes : céréales ET légumineuses.
   –  Voir notre article : Une alimentation équilibrée en brousse 

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Année 1 : zaï et mil ou sorgho (céréale)

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Année 2 : arachides (légumineuse)

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Année 3 : sésame (légumineuse)

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Année 4 : jachère paturée

Voir la présentation de TERRE VERTE : Rotations culturales Périmètres bocagers (Pdf)

Une initiative pour l’instant localisée sur quelques 13 périmètres de plus de 100 hectares chacun aménagés au profit de centaines de familles paysannes du Nord Burkina qui a valeur d’exemple et permet à ces populations rurales de ne pas fuir les villages

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Un périmètre bocager vu du ciel

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Plan d’un périmètre bocager de 100 ha

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Légende et plan d’un champ du périmètre

Voir la présentation de TERRE VERTE : Manuel technique, réalisation des périmètres bocagers (Pdf)

Mil’Ecole – Décembre 2016