Agriculture Durable

L’Agroforesterie au Burkina Faso- II. Avec l’APAF

Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie

 Créée en 1992 au Togo, l’APAF met en oeuvre une technique agroforestière simple, efficace et validée : l’introduction d’arbres fertilitaires dans les champs des paysans destinés aux cultures vivrières et de rentes : céréales, légumineuses, pastèques, oignons, bananes, etc…
Ces techniques agroforestières visent à inverser le processus de dégradation des terres par la pratique de systèmes d’exploitation économiquement viables et écologiquement stables.
APAF – Burkina Faso est une association de droit burkinabé liée au réseau international APAF. Le réseau des APAF agit en Afrique de l’Ouest ( Burkina Faso, Cameroun,  Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal,Togo,) pour la promotion et le développement de l’agroforesterie dont celui des arbres fertilisants.

Visite d’une ferme à Goumogo (Gomogho) près de Thyou (ou Tiou)
dans la province du Boulkiémdé au Sud de Sabou

Sur son terrain de 4 ha Nabin Oumsaoré, agriculteur, y développe, avec sa femme et ses 2 filles (qui sont au collège), les méthodes de l’agroforesterie APAF (Association de Promotion des Arbres Fertilitaires, de l’Agroforesterie et la Foresterie)
La ferme de Nabin est située dans un bas-fond non loin d’un barrage.
Nabin cultive ses champs parmi des arbres fertilisants plantés tous les 10 mètres : des albizias chevalieri et des Samanea Saman (Albizias saman ou arbres à pluie).

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Nabin Oumsaoré nous fait découvrir ses cultures

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Albizia chevalieri

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Samanea Saman (Albizia Saman ou Arbre à pluie)

Parmi les arbres, début novembre, nous y avons vu : arachides et jeunes bananiers et du sorgho.
Cela lui donne, dit-il,  de bonnes récoltes sans utiliser d’engrais (coût moindre). De plus en émondant ses arbres il a le bois qu’il lui faut pour la cuisine et le dolo que fait sa femme. Dès les récoltes des arachides et céréales faites, quand débutera la saison sèche, il y fera du maraîchage qu’il arrosera, mais, à l’abri des arbres, l’évaporation y est moindre. Les champs sont clôturés pour éviter les animaux errants.

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Un de ses champs agroforestiers

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Jeunes bananiers dans un champ d’arachides, parmi les arbres

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Le mil et le sorgho s’y développent très bien

Une partie de ses champs est encore « nue », sans arbres. Il y fait du maraîchage et il utilise encore de l’engrais mais vu les résultats de la partie boisée, il vient d’y planter des arbres fertilisants tous les 10 mètres, conseillé par l’APAF.  Il espère que dans 2 ou 3 ans il n’aura plus besoin de cet engrais

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Champ de maraîchage encore « nu »

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Petit arbre deviendra grand : dans 2 ou 3 ans !

Les arbres fertilisants utilisés par l’APAF

sont principalement issus de la famille des légumineuses et de la sous famille des mimosaceas.  Exemples : les albizias chevalieri, zygia, adianthifolia, ferruginea,…, samanea saman, leucena leucocephala,…
Comme à la ferme de Guiè, ils préconisent la clôture des champs.

Dans cette vidéo publiée en février 2017 par Transjardins, Claver Yaméogo nous présente l’action de l’APAF en agroforesterie au Burkina Faso.

Les trois techniques de mise en place de champs agroforestiers

  1. La culture en sous-étage, communément appelée champs multiétagés, très apparentée  aux parcs à acacias albida. On pratique les cultures sous l’ombrage léger des grands arbres fertilisants espacés de 10-15 mètres au début, puis avec le temps, 20 à 40 arbres seront conservés. C’est une pratique ancestrale réactualisée.
  2. La culture entre des pieds disséminés d’arbres fertilisants distants de 10 mètres l’un de l’autre et émondés régulièrement. Cette technique est très prometteuse.
  3. La culture en couloir, entre des haies d’arbres fertilisants plantés tous les mètres dans des haies espacées de 8 mètres. Les arbres sont émondés régulièrement.

L’APAF a développé une action de reboisement en partenariat avec l’ONG AMR
(Alliance pour une mine Responsable)

En 2013 dans le secteur de la mine d’or artisanale, rurale et communautaire en Afrique de l’Ouest au Sénégal et dans la province de Tuy au Burkina Faso. Voir la vidéo.

Contact au Burkina-Faso

Ils semblent très liés à la ferme pilote de Guiè et aussi avoir des liens avec Tiipaalga
Voir notre article L’Agroforesterie au Burkina Faso – I. Avec l’association Tiipaalga
Et cela fait plaisir !

Voir aussi d’autres acteurs burkinabè
dont les techniques se rapprochent des Agroécologistes

Ceux pour lesquels nous avons fait des articles spécifiques dans notre rubrique Agriculture Durable de BurkinaDoc :

Voir aussi :
Une alimentation équilibrée en brousse est possible au Burkina Faso
Arbres de brousse et sécurité alimentaire au Burkina Faso

Août 2014 par Mil’Ecole, revu Novembre 2014