Agriculture Durable

Arbres de brousse et sécurité alimentaire au Burkina Faso

Bush trees and food security in Burkina Faso
Busch Bäume und Ernährungssicherheit in Burkina Faso

Ce qui frappe le visiteur dans le paysage du Burkina, ce sont les arbres. Ils sont là, ils survivent à la longue traversée de la saison sèche. Ils sont les garants de la terre vivante que le désert, le vrai, n’a pas encore atteint. Ils sont les piliers de la survie des Burkinabè, ils en vivent : arbres nourriciers (feuilles, fleurs, fruits, graines), arbres soignants, arbres fertilisant les sols, arbres à palabre, bois de chauffe, bois d’œuvre…

Bush trees in Sahel: these survive the long crossing of the dry season and are essential to the survival of Burkinabe farmers

Busch Baüme in des Sahel-Zone: sie überleben die lange Überfahrt von der Trockenzeit und sind für das Überleben der Burkinabe Bauern wesentlich

Arbres de brousse nourriciers – Nutritious bush Trees – Nahrhafte Busch Bäume
Les feuilles, fleurs, fruits, graines, consommés par les populations paysannes
(Their leaves, flowers, fruits, seed are eaten by the rural population)
(Ihre Blätter, Blüten, Früchte, Samen, sind von Ländlichen bevölkerung gegessen)

Voir  : Les plantes ligneuses spontanées à usages culinaires au Burkina Faso (PDF en français) de Jeanne Millogo-Rasolodimby et Sita Guinko
Voir aussi
notre article : L’alimentation équilibrée en brousse au Burkina Faso (A balanced diet with Busch products possible in Burkina Faso) // (Eine ausgewogene Ernährung mit Busch Produkte möglich in Burkina Faso) ou comment manger équilibré avec les plantes du Burkina

Les agriculteurs  ont depuis toujours pratiqué la cueillette en brousse pour agrémenter les sauces qui accompagnent le tô (bouillie de mil ou de maïs) : les femmes jouent un rôle particulier dans cette sécurité en tant qu’actrices de la cueillette spontanée des plantes. Ces produits forestiers (PFNL) jouent un grand rôle dans la sécurité alimentaire. Souvent très riches en nutriments ils sont consommés frais, conservés par séchage, stockés dans les canaris. Ces produits sont aussi vendus sur les marchés locaux sous le terme de « condiments » et générateurs de revenus.

Vous pouvez voir en diaporama – slideshow – Diashow : l’arbre, ses produits vendus au marché et en notice son nom scientifique et son utilisation par les paysans

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arbre_Baobab

Adansonia digitata
Le baobab
  « toeega »
feuilles fraîches ou sèches, fruit (pain de singe)

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arbre_Néré

Parkia biglobosa
Le néré
  « roanga »
feuilles, la pulpe jaune des fruits  dont les graines servent à faire le soumbala

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arbre_Karité

Vitellaria paradoxa ou Butyrospermum parkii 
Le karité
  « tâanga »
fruits et amandes dont on fait le beurre comestible

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arbre_Ac.Macrostachya

Acacia macrostachya
« zamnega »

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arbre_Tamarinier

Tamarindus indica 
Le tamarinier

« pusga »

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arbre_Prunier noir

Vitex doniana
Le prunier noir
« aadga »

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arbre_Dattier_du_désert

Balanites aegyptiaca
Le dattier du désert

« kieglga »

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arbre_Piliostigma_reticulatum

Piliostigma reticulatum
« Baganda »

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arbre_guiera_senelgalensis

Guiera senegalensis
« willinwiiga »

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arbre_kapokier_rouge2

Bombax costatum 
Le kapokier rouge
« voaaka »

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arbre_leptadenia_hastata

Leptedania hastata
« lelongo »

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arbre_ficus_sycomorus

Ficus
sycomorus et platyphylla
Figuiers
« Kamsaogo » – « Kamkamsongo »

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arbre_ficus_thonningi

Ficus thonningi
Figuier « étrangleur »
« kouinkouiga »

Et aussi : Le Gardénia erubescens (Soubdouga),.
Nous avons volontairement omis le moringa (« arzentiga » en mooré) connu pour ses feuilles d’une grande richesse nutritionnelle  n’étant pas un arbre de brousse mais de jardin.

Des arbres fruitiers « sauvages »
Bush fruit trees
Busch Obstbäume

A côté des arbres de vergers et de jardins  (manguiers, papayers, goyaviers, citronniers, pommes cannelles), on trouve toute une série d’arbres qui poussent naturellement en brousse dont les fruits sont consommés régulièrement par les populations. Ces arbres de brousse donnent des fruits comestibles « sauvages » souvent riches en vitamines et minéraux :

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arbre_Petit_détar_sucré

Detarium microcarpum 
Le petit détar sucré
« kadga »

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arbre_Ebénier

Diospyros mespiliformis 
L’ébénier
« gaanka »

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arbre_Jujubier

Ziziphus mucronata 
Le jujubier
« muguna »

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arbre_Liane_goïne

Saba senegalensis 
La liane goïne
« wegda »

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arbre_Raisinier

Lannea microcarpa 
Le raisinier
« saabga »

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arbre_Prunier_jaune

Sclerocarya birrea 
Le prunier jaune
« noabga »

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arbre_ximenia_americana

Ximenia americana
« Léènga »

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arbre_boscia_senegalensis

Boscia Senegalensis
« lamboetga »

Et aussi : l’Afzelia africana (« kankalaga »),  la Pomme cannelle « sauvage » du Sénégal (Annona senegalensis), pour lesquels nous n’avons pas de photo mais dont les feuilles, fleurs ou fruits sont consommés
Voir aussi l’article de notre site : Une alimentation équilibrée en brousse est-elle possible au Burkina Faso ? (A balanced diet with Busch products possible in Burkina Faso)(Eine ausgewogene Ernährung mit Busch Produkte möglich in Burkina Faso) ou comment manger équilibré avec les plantes du Burkina

Des arbres qui soignent

 Au Burkina, pour soigner ou soulager les maladies les plus communes : les plaies, les brûlures, teigne, gale, palud, les maux de ventre, les maux de tête, infections urinaires, rhumes et toux… racines, écorces, feuilles, fleurs graines… sont préparées en pâtes, infusions, décoctions. Les habitants des villages ont toujours recours à ce savoir et l’on voit les écorces des arbres « grattées » aux alentours des villages.
D’autres arbres participent à cette pharmacopée : le caïlcedrat ; le neem et l’eucalyptus (tous deux implantés en Afrique et très présents)… Mais ils ne sont pas nourriciers
Voir à ce sujet :  Pharmacopée traditionnelle : Richesses médicinales du Burkina Faso, article publié dans le site tout récemment reconstruit de SEDELAN basé à Koudougou. Il donne la liste d’un grand nombre de plantes burkinabè (dont plus de 15 arbres exposés plus haut) avec leur photo, ce qu’elles soignent et 59 recettes, toutes simples et très précises.
Voir aussi : La liste des 59 recettes reconditionnée par Mil’Ecole en pdf téléchargeable

arbre-gratté

Arbre « gratté »
fréquent aux abords des villages

Des arbres fertilisant les sols par les racines ou par les feuilles
Trees fertilizing the soil through roots or leaves
Bäume düngen den Boden durch die Wurzeln oder Blätter

 Ils existent depuis toujours au Sahel mais ce n’est que récemment que l’on analyse le rôle de leurs racines dans la composition des terres arables : ils rechargent les sols en azote essentiel au développement des céréales, donc sont indirectement nourriciers. Ils sont principalement issus de la famille des légumineuses et de la sous famille des mimosaceas.
L’arbre sacré des agroforestiers : Faidherbia albida (Zaanga, cad).  Cet arbre de contre-saison, perle du Sahel. Il perd ses feuilles à la saison des pluies et donne de l’ombre à la saison sèche… et ses  gousses, en saison sèche, sont un fourrage très prisé par le bétail  (ovins, caprins, bovins, dromadaires  etc.). Pour l’apiculture ses fleurs fournissent du pollen aux abeilles à la fin de la saison des pluies, quand la plupart des autres plantes locales n’en ont pas.
Des arbres promus par l’APAF  (voir notre article) : Les albizias : chevalieri, zygia, adianthifolia, ferruginea,…, les Samanea saman, Leucena leucocephala (originaire d’Amérique)…

arbre_Ac.Albida

Faidherbia albida
« Zaanga »  (kad)

APAF4

Albizia chevalieri

APAF1

Samanea Saman
(Albizia Saman ou Arbre à pluie)

Des buissons dont les feuilles sont fertilisantes. Déjà les femmes les récoltaient en brousse pour les disséminer sur leur champ avant de semer. Ils seront plantés en haies vives par les fermes pilotes de Terre Verte : le Cassia sieberiana (Konmbrissaka) et le Combretum micranthum (Kinkeliba)

Fourrages pour les animaux
Fodder for animals
Futter für Tiere

Faidherbia albida,  Acacia nilotica,  Acacia tortilis,  Albizia chinensis, Albizia saman, Prosopis juliflora
Sur ce sujet voir : Légumineuses fourragères tropicales dans les systèmes d’agroforesterie (PDF)/H.M. Shelton, 1999. Archives de documents de la FAO : arbres hors forêt. « …Dans les zones arides et semi-arides, les légumineuses arbustives – essentiellement Acacia spp. – continuent à fournir une partie de l’apport total d’herbages et la majeure partie de la ration protéique du bétail, particulièrement durant les périodes de sécheresse… »

Des pépinières  – Tree nurseries – Baumschulen (Gärtnerei)
Pour une reforestation des zones sahéliennes
(For reforestation of the Sahel)

(Für die Wiederaufforstung der Sahel)

 Une meilleure sécurité alimentaire passe par une valorisation et une gestion rationnelle des ressources qu’offre la nature.  Les pépinières et la reforestation des zones sahéliennes avec ces espèces endogènes sont  aujourd’hui indispensables. La régénération naturelle étant devenue quasiment impossible suite à la densification de la population rurale donc des terres mises en culture, au surpâturage et au besoin croissant en bois de chauffe qui en découlent. Au Burkina Faso les fermes pilotes de TERRE VERTE – GREEN EARTH – GRUNE ERDE  en produisent plusieurs dizaine de milliers chaque année
TERRE VERTE a publié un dossier très « pratique » et illustré  qui propose en détail  techniques et méthode d’une pépinière au Sahel
Voir : Pépinière, méthode (pdf téléchargeable)
Installation, préparation des pots, préparation des graines, traitements des graines, préparation des planches, semis, démariages repiquages, les arrosages…etc etc
Et une fiche détaillée pour une vingtaine d’arbres et arbustes
Chaque année en début de saison des pluie, ils plantent ces arbres en utilisant la technique des puits racinaires pour éviter les pertes.
Un puits racinaire (A way to ensure the survival of a new  planted tree in the Sahel) (voir notre article), c’est un trou de 90 cm de diamètre pour une profondeur variant de 1 à 5 m en fonction de la profondeur de la latérite. Si en creusant on atteint 1 m de terre tendre sans tomber sur la latérite on arrête de creuser ; dans le cas contraire, on continue jusqu’à dépasser la latérite. On rebouche avec de la terre tendre et on peut y planter un arbre. Cette technique permettra une croissance rapide des arbres dont les racines pourront se développer en profondeur.
Liste des arbres produits en pépinière par la ferme de Guiè et leur destination (haies, bordures de route, plein champs, vergers) (PDF téléchargeable)
List of trees produced in the nursery of the pilot farm Guiè and their destination (hedgerows , roadsides , open fields , orchards)
Liste der Bäume, die der Pilotfarm Guiè im Gärtnerei produziert und ihr Ziel : Hecken , Wegrändern , offene Felder , Obstgärten

arbres_pépinière1

Pépinière à Guiè

arbres_pépinière2

Plans de karité

arbres_puits_racinaire

Arbre planté dans un puits racinaire à Filly

 Attention aux apprentis sorciers
Careful when choosing the trees
Bei der Auswahl der Bäume vorsichtig

 Le Prosopis juliflora introduit dans les années trente au Kenya pose aujourd’hui un vrai problème aux agriculteurs.
Voir l’article de libération de 2005 : Kenya : d’arbre miracle en nature morte
(Invasive Plants and Food Security: the case of Prosopis juliflora in the Afar region of Ethiopia 
prepared by Dubale Admasu (FARM-Africa) for IUCN December 2008)

L’eucalyptus est planté actuellement un peu partout au Burkina parce qu’il pousse vite et qu’il est rentable comme bois de chauffe et bois d’œuvre, mais il assèche les sols et aucune culture ne peut se faire à ses pieds ! (Very useful for the wood, it dries out the soil and no culture can be at his feet !//Sehr nützlich für die Holz, trocknet es den Boden aus und keine Kultur kann zu seinen Füßen sein !)

Pour pouvoir travailler dessus
(To be able to work on it) – (In der Lage sein, daran zu arbeiten)

2 liens vers des dossiers Excel pour pouvoir les corriger, les retoucher et les compléter :

et nos 2 articles sur l’agroforesterie :

Deux livres (en français)

livres_arbres_arbustes

A gauche, un livre scientifique : Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest/Michel Arbonier, édité par le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) et le MNHN (Muséum national d’Histoire Naturelle). Livre extrêmement complet sur toute la végétation verte des zones sahéliennes et en particulier du Burkina Faso. Chaque plante est illustrée et décrite systématiquement : feuille, fleurs, fruits, tronc écorce…

A droite, un livre guide : Plantes médicinales pour le soin de la famille au Burkina Faso/Jean Pierre Nicolas et Jardins du monde. Recueil de plantes médicinales et recettes recueillies auprès de la population autour de Koudougou au Burkina Faso par l’équipe de Jardins du Monde. Il se veut être un guide d’utilisation pour le grand publique. Un index des plantes avec noms scientifique, mooré et lyele.

Livre-Jardins_du_monde

Des liens et documents

West African Plants : a photo guide. Une banque de photos d’arbres d’Afrique extrêmement bien fournie
An extremely well-supplied stock of African tree Photographies
Ein extrem gut versorgt stock von afrikanischen Baum Photographies

La foresterie dans les zones arides… (PDF). Archives de documents de la FAO. Département des Forêts . 1992. Cet article nous donne la liste et des détails précis sur les récoltes, transformations et commercialisations des produits comestibles de la forêt au Burkina Faso.

Les plantes ligneuses spontanées à usages culinaires au Burkina Faso (PDF) de Jeanne Millogo-Rasolodimby et Sita Guinko . Les arbres sont présentés en ordre alphabétique. On y décrit leur utilisation et leur valeur nutritionnelle. Les noms scientifiques (latins) des arbres sont donnés en  français, mooré et jula (dioula)

 Valorisation des produits forestiers entrant dans l’alimentation des populations (PDF). Un rapport de recherche de 2004-2005 portant sur les arbres et autres plantes de brousse consommés au Burkina Faso . Document particulièrement intéressant avec références bibliographiques, il est publié par l’Unesco mais curieusement on n’a aucune donnée des auteurs. Le nom des plantes, outre celui scientifique, en latin, est donné en 4 langues : bobo, dioula, français et mooré

 Produits végétaux riches en carotène (PDF téléchargeable) de Claire Mathieu-Daudé, Laure Barrot, Philippe Chevalier. Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Nous souhaitons que ce manuel de terrain profite à l’ensemble de la population des pays sahéliens en améliorant leur connaissance des produits végétaux locaux, riches en carotène.». Un livre précieux -guide pratique- analyse des produits végétaux locaux (arbres et autres plantes) consommés traditionnellement au Sahel et propose des recettes.

Arbres remarquables de Casamance (PDF téléchargeable) de l’Office de tourisme de Casamance. Destiné au tourisme, ce livre donne une présentation intéressante d’une vingtaine d’arbres de la Casamance (Sénégal) dont au moins 6 sont répertoriés ci-dessus.

Mil’Ecole   –   Mars 2015 – Revu en Mai 2016